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Eloge du manque, par Elena Lasida

Présentée par Véronique Alzieu

Échec, rupture, perte: le manque est toujours lié à une souffrance. Pour Elena Lasida, le vide qu'il créé laisse une place pour faire émerger du nouveau. Elle répond à Véronique Alzieu.

Le manque est pour l'être humain une confrontation à sa finitude, à son imperfection. La perte d'un être cher ou d'un objet auquel on tient, la rupture qui est un manque de relation, l'échec qui est un manque de projet... Le manque est toujours synonyme de souffrance. Une expérience fondamentale que tout être humain est amené à vivre.

Le manque, culturel ou universel? Dans nos sociétés occidentales, où on a souvent cette illusion que la consommation produit du bien-être et du bonheur, on pourait dire que le manque est culturel. Il est cependant universel car le bonheur et le bien-être sont universels.

"Le manque n'est pas appelé à être comblé". Pour Elena Lasida, le manque existentiel est appelé à "être engendré", c'est un manque qui peut faire émerger quelque chose d'autre. Il y a en effet dans la personne humaine des compétences qui ne sont pas utilisées. Or, la confrontation à la limite, au vide, impose puiser en soi des compétences que l'on n'avait pas développées jusqu'à présent.

Le manque nous rappelle par ailleurs que nous ne sommes pas autosuffisants, contrairement à ce que nous fait croire la société de consommation. Il nous révèle que c'est avec les autres que nous nous réalisons. Pour passer de l'indépendance à l'interdépendance.

Invités

Elena Lasida , économiste, spécialiste du Développement durable et de l'économie solidaire, enseignante à l'Institut catholique de Paris